Chauffeurs routiers et déménageurs : les troubles musculo-squelettiques entrent dans la convention de prévention

Charger un camion, décharger une armoire au troisième étage sans ascenseur, puis reprendre le volant pour plusieurs heures : les métiers du transport routier de marchandises et du déménagement sollicitent le dos, les épaules et les genoux comme peu d’autres. Jusqu’ici, la prévention dans ces secteurs se concentrait surtout sur la route. La convention nationale qui les encadre vient d’être renouvelée et intègre désormais les troubles musculo-squelettiques, les fameux TMS.

Une convention élargie au-delà du risque routier #

Le dispositif est né en 2023, avec une convention de partenariat entre l’État et les organisations du transport routier de marchandises consacrée au risque routier professionnel. Selon le média spécialisé TRM24, qui a détaillé le texte cette semaine, la nouvelle version a été signée le 15 juin 2026 pour trois ans par les pouvoirs publics, les organisations professionnelles et les partenaires sociaux. Le ministère du Travail l’a présentée le 4 novembre.

La nouveauté tient en deux points. D’abord, les TMS rejoignent le risque routier parmi les priorités. Ensuite, les organisations syndicales de salariés entrent dans le partenariat, aux côtés des fédérations patronales (FNTR, OTRE, Union TLF, CSD, SNTL), de l’Assurance maladie (CNAM), de l’AFT et d’OPCO Mobilités.

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Ce que prévoit concrètement le texte

Le partenariat prévoit de compléter le portail En route pour la prévention, déjà dédié au risque routier, avec des ressources consacrées aux TMS. Il doit aussi encourager l’usage d’équipements adaptés et diffuser les bonnes pratiques dans les entreprises. Les actions de sensibilisation à la sécurité routière se poursuivent en parallèle.

Les TMS, de loin la première maladie professionnelle #

Le choix de ce sujet ne doit rien au hasard. D’après l’Assurance maladie, les TMS représentaient en 2024 88 % des maladies professionnelles reconnues. Les manutentions manuelles étaient à l’origine de la moitié des accidents du travail, et le mal de dos représentait un tiers de ces accidents. La lombalgie est la première cause d’inaptitude au travail avant 45 ans.

Les conséquences sont lourdes : toujours selon l’Assurance maladie, 48 % des TMS entraînent des séquelles importantes, sous la forme d’une incapacité permanente. Côté entreprises, 20 % des indemnités journalières versées le sont au titre des TMS.

Le risque routier reste, lui, la première cause de mortalité liée au travail en France, avec 424 décès en 2024 selon les chiffres repris par TRM24. La convention traite donc ensemble les deux grandes menaces du métier : l’accident sur la route et l’usure progressive du corps.

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Pourquoi ces métiers abîment le dos #

Dans le transport et le déménagement, les facteurs de risque se cumulent au cours d’une même journée. TRM24 cite les manutentions, les gestes répétitifs et les postures contraignantes. On peut y ajouter le passage brutal de la position assise prolongée à l’effort physique : un chauffeur qui descend de sa cabine après plusieurs heures de conduite pour décharger une palette demande à son dos un effort intense sans préparation.

Les zones les plus exposées

La région lombaire est la plus sollicitée, notamment lors du port de charges dos fléchi ou en rotation. Les épaules souffrent des gestes au-dessus de la tête, par exemple pour sangler une cargaison ou ranger des cartons en hauteur. Les genoux et les poignets sont mis à l’épreuve dans les escaliers et lors des prises répétées. Ces douleurs s’installent souvent progressivement, et c’est justement ce qui les rend difficiles à prendre au sérieux à temps.

Prévenir plutôt que réparer #

La prévention passe d’abord par l’organisation du travail : aides à la manutention (diables, sangles, monte-meubles), répartition des charges lourdes à plusieurs, pauses entre la conduite et les phases de manutention. C’est l’objet même de la convention, qui mise sur les équipements adaptés et la diffusion des bonnes pratiques auprès des entreprises du secteur.

À titre individuel, quelques habitudes aident aussi : s’échauffer quelques minutes avant de manipuler des charges après un long trajet, garder la charge près du corps, éviter de tourner le buste en portant, et alterner autant que possible les tâches. L’activité physique régulière en dehors du travail entretient la musculature du tronc, qui protège la colonne.

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Quand consulter

Une douleur qui persiste plusieurs jours, qui revient après chaque tournée ou qui réveille la nuit mérite d’être signalée au médecin du travail ou à son médecin traitant. Ce sont eux qui posent le diagnostic et orientent la prise en charge. L’ostéopathie peut ensuite s’inscrire dans un accompagnement global, en complément des mesures de prévention au poste de travail, et non à leur place. Pour les professionnels du transport et du déménagement autour de Chambéry, en parler tôt reste la meilleure façon d’éviter qu’une gêne passagère ne devienne un arrêt de travail.

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