Une douleur dans le bas du dos qui revient après les séances de musculation n’est pas forcément le signe d’un dos fragile : c’est souvent la façon dont la charge est dosée qui pose problème. C’est le message d’un préparateur physique interrogé cette semaine par la presse, et il rejoint ce que recommandent les autorités de santé pour la lombalgie commune.
Plan de l'article
Que dit le préparateur physique interrogé par L’Internaute ? #
Dans un article publié le 26 octobre, L’Internaute donne la parole à Aurélien Broussal-Derval, fondateur de l’école ABD. Il décrit une situation que connaissent beaucoup de pratiquants : on progresse pendant deux ou trois semaines, puis le bas du dos se met à tirer, parfois le lendemain d’une séance.
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Pour lui, ce n’est pas une véritable blessure mais « une alerte. Une fatigue. Une gêne. » Le réflexe de se dire que l’on a un dos fragile et de tout arrêter serait donc une erreur d’interprétation. Selon ses mots, il manque surtout « une règle » dans l’entraînement.
Pourquoi les lombaires finissent-elles par protester ? #
Le coach ne met pas en cause le squat ou le soulevé de terre en eux-mêmes. D’après lui, les lombaires souffrent quand trois éléments se cumulent : la fatigue, une mauvaise stratégie de gainage et, surtout, une dose de travail mal gérée.
Il compare le dos à un mât : globalement rigide, capable de s’adapter, mais solidement ancré. Son rôle est de rester stable pendant que les hanches et les jambes produisent le mouvement. Quand la technique se dégrade en fin de série, ce n’est pas une question de mental : la série est trop longue, la charge trop lourde ou le repos trop court.
Arrêter la série avant que le dos ne prenne le relais
Sa règle pratique est simple : stopper la série avant le moment où l’on commence à « arracher avec le dos ». Avant d’ajouter des kilos, il conseille de maîtriser deux choses : l’amplitude que l’on tient proprement, et la respiration de gainage (le « bracing »), qu’il décrit comme une ceinture naturelle.
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Il propose aussi d’organiser la semaine autour d’une seule séance lourde ou dense sur la charnière de hanche ou le squat, complétée par une séance plus technique et plus légère. L’objectif : réduire l’excès de stress mécanique et laisser au corps le temps de récupérer.
Ce que recommande la Haute Autorité de santé #
Ce discours rassurant rejoint la fiche de la Haute Autorité de santé sur la lombalgie commune. Elle insiste sur l’importance d’une information rassurante : dans 90 % des cas, la lombalgie commune évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines.
La HAS précise que l’activité physique est le traitement principal pour aller mieux et éviter les récidives. En l’absence de signe d’alerte, elle ne recommande pas d’imagerie lors d’une poussée aiguë, car ce qu’on voit sur les clichés ne correspond pas systématiquement aux symptômes.
Pour les personnes à risque de chronicité, elle préconise une prise en charge par kinésithérapie avec une participation active du patient. En l’absence d’amélioration, une prise en charge pluridisciplinaire peut être envisagée.
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Quand faut-il consulter plutôt que s’entraîner ? #
Une gêne qui s’estompe en adaptant les charges n’a rien d’inquiétant. La HAS liste toutefois des « drapeaux rouges » qui justifient un avis médical : une douleur qui s’aggrave progressivement et persiste au repos, notamment la nuit, une perte de contrôle urinaire ou anal, une faiblesse dans les jambes, des fourmillements au niveau du périnée, une perte de poids inexpliquée, de la fièvre ou un traumatisme important comme une chute de hauteur.
Une fois ces signes écartés par le médecin, l’ostéopathe peut intervenir en complément pour soulager les tensions et aider à reprendre le mouvement en confiance. L’idée n’est pas de mettre le dos au repos complet, mais de retrouver une activité adaptée, puis de remonter progressivement les charges.
Comment adapter son entraînement dès la semaine prochaine ? #
Les conseils du préparateur se résument en quelques réflexes. Noter la séance où la douleur apparaît aide à repérer ce qui la déclenche : volume, charge ou manque de sommeil. Raccourcir les séries de quelques répétitions, allonger le repos entre elles et garder une seule séance vraiment exigeante par semaine sont des ajustements faciles à tester.
Travailler la respiration de gainage à vide, avant de charger la barre, permet aussi de sentir à quel moment le dos commence à compenser. Et si la gêne persiste malgré ces changements, mieux vaut demander un avis plutôt que de pousser à travers la douleur.
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Questions fréquentes #
Faut-il arrêter la musculation quand on a mal au bas du dos ?
Pas forcément. La HAS considère l’activité physique comme le traitement principal de la lombalgie commune. Il vaut mieux adapter les charges et le volume que s’arrêter complètement, sauf signe d’alerte.
Une radio est-elle utile après une douleur lombaire à l’entraînement ?
Sans signe d’alerte, la HAS n’en recommande pas lors d’une poussée aiguë. Le médecin juge au cas par cas.
Combien de temps dure une lombalgie commune ?
Selon la HAS, elle évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines dans 90 % des cas.




