Activité physique des adolescents : l’OMS alerte sur quinze ans de stagnation, et le dos des jeunes en paie le prix

Un adolescent sur quatre dans le monde déclare n’avoir pratiqué aucune activité physique d’au moins 60 minutes sur une journée de la semaine écoulée : quinze ans après ses premières mesures, l’Organisation mondiale de la Santé constate que rien n’a vraiment bougé — et pour le dos et les articulations des plus jeunes, ce n’est pas une nouvelle anodine.

En bref
• 240 millions de 11-17 ans ne déclarent aucune journée d’activité physique d’au moins 60 minutes sur une semaine.
• Seuls 14 % des adolescents disent bouger tous les jours ; la situation stagne depuis 2010.
• Les filles sont en retrait partout : 28 % sans aucune activité, contre 22 % des garçons.
• L’inactivité à l’adolescence prépare le terrain des douleurs et des maladies chroniques de l’adulte.

Ce que disent les nouvelles estimations de l’OMS #

Dans son rapport « Une génération en retrait », publié ce mercredi 4 novembre, l’OMS chiffre l’ampleur du problème : 240 millions de jeunes de 11 à 17 ans n’ont déclaré aucune journée d’activité physique d’au moins 60 minutes au cours de la semaine précédant l’enquête, détaille ONU Info. En moyenne, les adolescents ne sont actifs que 2,7 jours par semaine, et seuls 14 % le sont quotidiennement.

Le plus frappant est la stagnation : en 2025, 86 % des adolescents déclaraient ne pas avoir été actifs sept jours sur sept, une proportion quasi identique à celle de 2010. Aucun pays n’est en voie d’atteindre l’objectif mondial de réduction de 15 % de l’inactivité physique d’ici 2030.

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Les filles, grandes oubliées du mouvement #

Les disparités entre les sexes restent marquées : environ 28 % des filles ne déclarent aucune activité d’au moins 60 minutes sur la semaine, contre 22 % des garçons, et seules 11 % des filles bougent chaque jour, contre 17 % des garçons. L’écart se retrouve dans presque tous les pays, rappelle aussi la RTBF.

Ces estimations reposent sur l’analyse de 389 enquêtes menées dans 140 pays et territoires, auprès de plus de 3,2 millions d’adolescents : ce n’est pas un sondage ponctuel, mais la photographie la plus large disponible.

Pourquoi un cabinet d’ostéopathie s’intéresse à ces chiffres #

L’OMS rappelle que l’inactivité physique est un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers. Mais avant ces échéances lointaines, c’est l’appareil locomoteur qui encaisse le quotidien sédentaire : un adolescent qui passe ses journées assis, cartable sur une épaule puis écran sur les genoux, sollicite très peu les muscles profonds qui stabilisent la colonne.

Moins de mouvement, c’est moins de force musculaire pour soutenir le dos, des chaînes postérieures raides, et une tolérance à l’effort qui s’effrite. Quand le sport revient brutalement — rentrée sportive, saison de ski, première course — le corps déshabitué est celui qui se blesse.

L’écran n’est pas seul en cause #

Le rapport souligne qu’il n’existe pas de cause unique : les modes de déplacement, l’accès à des espaces publics sûrs, les infrastructures pour marcher ou pédaler, l’environnement scolaire, le coût des activités et les normes sociales pèsent tous dans la balance. Le temps d’écran, qui grignote celui du jeu actif, vient s’ajouter à ces facteurs.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, résume l’enjeu : il ne s’agit pas de demander plus d’efforts aux adolescents, mais d’« aménager des écoles, des rues et des communautés où bouger, jouer et rester actif soit sans danger, facile et naturel ».

Concrètement, pour un ado de Chambéry et sa famille #

La recommandation de référence reste 60 minutes d’activité par jour en moyenne — et elles n’ont pas besoin d’être sportives au sens strict. Le trajet collège-maison à pied ou à vélo, l’escalier plutôt que l’ascenseur, une marche en famille le dimanche comptent pleinement.

En Savoie, la saison qui s’ouvre est une occasion en or : la préparation du ski, même modeste — gainage, squats, montées d’escaliers régulières dans les semaines qui précèdent — remet du mouvement dans la semaine et réduit le risque de blessure au premier jour de glisse. Pour les adolescentes, souvent les premières à décrocher du sport, l’enjeu est de trouver une activité qui plaît vraiment, pas d’imposer une discipline.

Quand consulter ? #

Un adolescent qui se plaint de douleurs de dos récurrentes, qui se tient de façon très asymétrique ou qui enchaîne les petites blessures à la reprise du sport mérite un regard professionnel. L’ostéopathe peut travailler sur les restrictions de mobilité et les tensions installées par la sédentarité, et surtout orienter vers une reprise d’activité progressive et adaptée — le mouvement reste le traitement de fond.

Questions fréquentes #

Quelle est la recommandation d’activité physique pour un adolescent ?

L’OMS recommande en moyenne 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à soutenue par jour pour les 11-17 ans. Seuls 14 % des adolescents dans le monde déclarent y parvenir quotidiennement.

La sédentarité peut-elle vraiment causer des douleurs de dos chez un jeune ?

La sédentarité affaiblit la musculature qui stabilise la colonne et raidit les chaînes musculaires, ce qui favorise les douleurs à l’effort ou à la reprise du sport. Un dos jeune a besoin de mouvement régulier avant tout.

Mon ado ne fait aucun sport : par quoi commencer ?

Par les déplacements actifs (marche, vélo) et une activité choisie par l’adolescent lui-même, plutôt qu’imposée. Les 60 minutes quotidiennes se construisent par accumulation, pas nécessairement en une seule séance.

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